Bilan du 30 Avril 2014 : Pronaval, dans le sillage du succès

Pronaval, dans le sillage du succès

30 Avril 2014

PAR SERGE GUERTCHAKOFF

Le nouveau propriétaire du chantier naval genevois veut tendre vers l’industrialisation. Plein d’ambitions Luc Simon a monté un véritable pôle de compétences en matière nautique.

La Suisse romande contient une centaine de chantiers navals, principalement situés en région lémanique. Un nombre qui reflète la quantité élevée des bateaux immatriculés sur nos plans d’eau.

Cependant, rares sont ceux qui ont une démarche entrepreneuriale développée. Citons Bertrand Cardis et son chantier Décision, lequel vient d’être partiellement repris par un groupe breton, Multiplast. Une société pour laquelle l’architecte naval et designer Luc Simon avait œuvré au début de sa carrière.

Ce dernier déborde de projets et d’énergie sur la rive gauche genevoise. Associé à la famille de son beau-père, le pasteur retraité Jean-Jacques Buard, ce binational d’origine normande est tombé petit dans l’univers naval. «Mon oncle était directeur des Chantiers mécaniques de Normandie. Lorsque, enfant, je me promenais sur les quais pour y admirer le Queen Mary ou le France, j’ai eu un déclic», confie ce passionné. Très vite, il dessine des bateaux ou encore des intérieurs d’avion.

En 2005, il crée le groupe Simon et installe un chantier naval au Maroc où s’activent 220  personnes. Il devient l’un des leaders des catamarans de luxe customisés. «Lorsque la crise a surgi dès décembre 2007, sur dix-sept bateaux en construction, neuf ont commencé à ne plus être payés. J’ai mis ma société marocaine en sommeil», raconte-t-il. Domicilié à Genève, il décide alors d’y développer des activités navales locales.

Luc Simon apprend que le chantier naval de Corsier-Village va fermer. L’activité y était en veilleuse depuis sept ans, suite à la mise en place d’un projet immobilier sur le site actuel du chantier naval. Début 2011, les familles Simon et Buard rachètent Pronaval. L’homme d’affaires entend dynamiser Pronaval en adaptant son offre. «Le client doit pouvoir savoir précisément ce que lui coûtera son bateau, d’où notre volonté de proposer des forfaits.»

Démarche dynamique

Depuis le rachat, la nouvelle équipe a permis la vente de 75 bateaux neufs et d’occasion. «Notre chiffre d’affaires a doublé la première année, puis triplé l’année suivante», s’enthousiasme Luc Simon. Les effectifs ont suivi la même courbe. Sur sa lancée, un département bois a été rouvert.

«Nous en sommes au 7e bateau rénové.» Souhaitant centraliser ses achats, il a repris au 1er  janvier le magasin genevois La Sèche. Entièrement rénovée, cette boutique de 200   m2 sise aux Eaux-Vives a adapté son concept avec la diffusion de nouvelles marques.

Luc Simon s’est aussi associé à Louis Muskens pour reprendre progressivement sa société Aquasport qui importe les bateaux Correct Craft depuis 1983 en Suisse, ainsi que du matériel spécialisé pour le ski et le wakeboard.

Enfin, il a pris une participation de 50% dans VPR Ateliers, spécialisée dans les réparations composites, vernis et peintures dans le domaine de la carrosserie automobile et nautique à Gy. Une vingtaine d’emplois ont ainsi été créés. Pour financer ses investissements, le groupe Simon vient d’ouvrir son capital à la fondation Financer autrement les entreprises (FAE), laquelle détient désormais 17% du capital.

De quoi contribuer à la réalisation de l’appart’hôtel de 40 suites de 55   m2 avec restaurant et spa à l’emplacement actuel du chantier de Corsier-Village. Luc Simon précise que cet investissement n’interviendra qu’une fois que Pronaval aura déménagé en bordure de la route de Thonon sur deux terrains, l’un dédié à la mécanique, l’autre à l’exposition.